Le Gerfaut ? Quel curieux nom pour une association..

Pourquoi ce nom ? Cette association a pour ambition de restaurer et de valoriser le patrimoine Toulonjacois. Et l'église St-Michel est l'élément majeur de cet héritage patrimonial. Bref.. Nous avons envie, nous avons le devoir de conserver les belles réalisations de nos ancêtres.

Indépendamment de toute référence religieuse, l’église Saint-Michel de Toulonjac, bien communal depuis la loi de 1905, appartient à notre patrimoine. Et, quand on la visite, on découvre les armoiries, plus exactement, les armes de la famille de la Valette-Toulonjac. Celle-ci a été un acteur majeur de l’agrandissement et de la décoration de cet édifice. Et sur ces armes, on découvre, sept besants qui sont des pièces de monnaie et deux gerfauts, des faucons en vieux français.

Il était logique qu’une association impliquée dans le patrimoine local puise son emblème dans un symbole hérité du passé.

Patrimonial ? Le mot patrimoine vient du latin patrimonium qui signifie littéralement « l'héritage du père ». A l'origine, il désigne l'héritage que l'on tient de son père et que l'on transmet à ses enfants.

L'église Saint Michel de Toulonjac

Carousel imageCarousel imageCarousel imageCarousel imageCarousel image

L'Histoire

En 1282, par un accord entre l'évêque de Rodez et l'abbé de Moissac, l'église de Toulonjac est désormais placée sous la juridiction des moines de Moissac. En échange, le prieuré de Saint Jean le Froid, près de Salles-Curan est rétrocédé à l'évêque de Rodez.

Le clocher, comme celui de La Bastide l'Evêque, aurait été copié sur celui de la collégiale de Villefranche. L'évêque de Rodez, venu à Toulonjac en 1460, a demandé que l'on construise un auvent à l'entrée de l'église pour accueillir les enfants que l'on venait présenter au baptême.

Les armoiries qui figurent à la clef de voûte de l'auvent étant celle de Valette-Toulonjac, il en découle que la construction du clocher a été réalisée après 1500.

Dans le livre de paroisse, en date de 1894, M. Le curé Louis Lagranerie écrit : "L'église de Toulonjac après avoir reçu la réparation qu'exigeait la toiture réclamait impérieusement que son intérieur fut dépouillé des affreux badigeons qui cachaient les belles nervures de ses arceaux et le richesse de sa voûte". Aussi, à la fin du XIXe siècle, M. Vincent Cibiel, député de Villefranche et généreux mécène, a financé la restauration de l'église et permis de mettre en valeur les belles nervures des arceaux de la voûte.

Dans les années 1970-1972, des paroissiens volontaires firent tomber le crépi grossier qui recouvrait les murs du chœur, de la nef et des chapelles ; ensuite M. Roland Cabady, artisan toulonjacois aidé de son manœuvre, Ernest Dalmayrac, réalisèrent les joints.

Une voûte plutôt basse

Les travaux effectués (chauffage en 1966 et restauration des murs en 1970) ont permis des découvertes.

Incendiée au cours de la guerre de Cent Ans, elle parait avoir été relevée par Bernard de la Valette-Toulonjac qui se préoccupait, dans le même temps, de fortifier son château en 1442. Les notables de Villefranche et l'évêque de Rodez étaient opposés à ces fortifications car ils craignaient l'autorité et l'influence grandissante de ce seigneur. Il obtint l'autorisation de fortifier son château à la condition d'agrandir l'église et de la doter de deux chapelles. Ceci explique la présence des armoiries de cette famille en plusieurs endroits dans l'église.

Peu à près cette période, l'église de Toulonjac a été dotée d'un chevet pentagonal dont les nervures de la voûte (les branquas) retombent sur quatre consoles ornées des symboles des évangélistes, porteurs de banderoles.

Cet incendie provoqua la chute du plafond et d'une partie des murs. Ceux-ci, décrépis, ont laissé apparaître du côté gauche en entrant des pierres rougies par les flammes.

De plus, le creusement de tranchées de 1,60m pour le chauffage a révélé du déblai et tout un amalgame de bronze fondu, prouvant l'intensité du brasier et provenant sans aucun doute des cloches. On a découvert à cette profondeur des traces d'un dallage (carreaux de terre cuite de 20 x 21 x 7 ou de 23 x 23 x 6). Côté droit, on remarque les signes à moitié enterrés d'une ancienne ouverture.

Suite à toutes ces découvertes, on peut supposer que l'église actuelle a été rebâtie sur l'ancienne en utilisant les pans de mur et les fondations qui restaient. En s'arrêtant à hauteur des chapelles, on remarque une autre transformation : l'église a été agrandie. Primitivement, elle se terminait à hauteur des marches du chœur actuel. L'autel se trouvait à l'emplacement de la bouche du chauffage et était éclairé par deux baies romanes en partie murées. En examinant les murs, on remarque la jonction de l'ancienne église avec le chœur actuel. Ce dernier a été diminué de trois mètres lors de la restauration. Les chapelles ont été voûtées avant l'église qui ne comportait qu'un plafond. Ces chapelles ont été construites bien après l'église primitive, souvent par des seigneurs ou des paroissiens fortunés.

Témoignage de l’Abbé Feral, curé de Notre-Dame de Laval

Comme nous l'avons déjà dit l'église actuelle remonterait au milieu du quatorzième siècle. Elle aurait été construite sur les ordres des La Valette, alors seigneurs de Toulonjac. Dans tous les cas, nous trouvons les armoiries de cette noble famille aux clefs de voute de l'Eglise et du porche d'entrée.

Mais, d'après quelques documents que nous avons pu découvrir depuis, nous pouvons dire que la paroisse existait déjà, avant cette date, et que certainement une église plus ancienne avait précédé l'actuelle.

Nous lisons en effet dans un manuscrit consigné dans le livre de paroisse de Saint-Clair, et fourni par M. l'abbé Feral, archéologue, curé de Notre-Dame de Laval et ancien vicaire de Saint-Clair, que Toulonjac appartenait autrefois, ainsi que le territoire de Marin et de Martiel à la commanderie de Ginouillac et Sainte-Croix, une des plus importantes de l'Ordre des Templiers. Toujours d'après le même document, la Commanderie aurait fondé, dès le commencement des Croisades, une ville assez importante à laquelle ils donnèrent le nom de Sainte-Croix, ville libre, jouissant de tous les privilèges et immunités accordés au bas peuple en ce temps où la religion bannissait l'esclavage de notre patrie. Enfin, quand les Templiers furent condamnés en 1312, au Concile de Vienne, toutes les Commanderies furent données aux Hospitaliers, plus tard Chevaliers de Rho­des et de Malte, et les tours de Martiel, Ginouillac, Sain­te-Croix et Toulonjac, bâties en même temps vers le milieu du douzième siècle, époque de ferveur, devinrent les châteaux féodaux des Chevaliers de St-Jean.

Ce témoignage a été publié dans l'almanach paroissial de Toulonjac, en 1911.

L’autel

Cette belle pierre blanche provient de la carrière de Mauriac et a été taillée par la maison Vaissières de Villefranche de Rouergue. Les sculptures sont l'œuvre d'Hervé Vernhes, de Peyrusse le Roc. Elles s'inspirent de la phrase de l'anamnèse : « Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection...» L'auteur a gravé sur le côté du célébrant une belle Pietà et du côté des fidèles les disciples d'Emmaüs, étoffés de plusieurs symboles : l'offrande, les enfants, la vigne...

Carousel imageCarousel imageCarousel imageCarousel image

Les statues de la Vierge et de Saint-Jean

L'église abrite deux imposantes statues de la Vierge (h:145cm) et de Saint-Jean (h:150cm), datées de 1505. Ces statues, qui ont changé plusieurs fois de place, appartiennent à un groupe de calvaire, ce qui explique l’extrême tristesse des deux personnages. Le sculpteur a voulu ainsi traduire la profonde affliction de la Vierge et de St-Jean voyant Jésus agoniser sur la croix. Ce groupe de calvaire qui se trouvait près de la chapelle du château de Graves a été partiellement détruit pendant les guerres de religion. Seules subsistent ces deux statues.

Jacques Baudoin, spécialiste de la sculpture flamboyante en Rouergue, les attribue à l'atelier de Beauvais. Marie prie, les mains jointes et la tête baissée. Son visage allie douceur et jeunesse, tandis que son manteau retombe sur les avant-bras en belles courbes.

St-Jean tient ses mains croisées dans une attitude de profonde tristesse qui accentue la douleur de son visage. Au cours de la restauration de 1961, on lui a restitué la belle chevelure bouclée qu'il avait perdue. Son vêtement se compose d'une tunique à boutons et d'un manteau jeté sur l'épaule à la manière d'une toge romaine.

Les statues de la Vierge des Douleurs et de Saint Jean ont longtemps séjourné sous le porche de l'église, au grand déplaisir des toulonjacois qui, superstitieusement, leur attribuait à cette place le fléau de la grêle. Elles ont été placées, en octobre 1891, de part et d'autre du vitrail central. Lors de la restauration de l'église, elles ont été installées sur les colonnes à l'entrée du chœur en février 1971. La Vierge et St-Jean ont été restaurés en 1961, à l’occasion de l'exposition de Montauban. «Trésors d'Art Gothique ». Ces deux statues sont classées au titre objet des monuments historiques depuis le 19 octobre 1942.

En 1282, par un accord mentionné ci-dessus, l'église de Toulonjac est désormais placée sous la juridiction des moines de Moissac. En échange, le prieuré de Saint Jean le Froid, près de Salles-Curan est rétrocédé à l'évêque de Rodez.

Le clocher, comme celui de La Bastide l'Evêque, aurait été copié sur celui de la collégiale de Villefranche. L'évêque de Rodez, venu à Toulonjac en 1460, a demandé que l'on construise un auvent à l'entrée de l'église pour accueillir les enfants que l'on venait présenter au baptême.

Les armoiries qui figurent à la clef de voûte de l’auvent étant celle de Valette-Toulonjac, il en découle que la construction du clocher a été réalisée après 1500.

Dans le livre de paroisse, en date de 1894, M. le curé Louis Lagranerie écrit : « L'église de Toulonjac après avoir reçu la réparation qu'exigeait la toiture réclamait impérieusement que son intérieur fut dépouillé des affreux badigeons qui cachaient les belles nervures de ses arceaux et le richesse de sa voûte ». Aussi, à la fin du XIXème siècle, M. Vincent Cibiel, député de Villefranche et généreux mécène, a financé la restauration de l’église et permis de mettre en valeur les belles nervures des arceaux de la voûte.

Dans les années 1970-1972 , des paroissiens volontaires firent tomber le crépi grossier qui recouvrait les murs du chœur, de la nef et des chapelles ; ensuite M. Roland Cabady, artisan toulonjacois aidé de son manœuvre, Ernest Dalmayrac, réalisèrent les joints.

Le repositoire Renaissance

Un repositoire est un élément du mobilier, plus tard requalifié de tabernacle. Le repositoire servait à abriter la réserve eucharistique. Ici, la présence d'un tympan à coquille évoque l'art de la Renaissance, caractéristique du travail du maître maçon rouergat Guillaume Lissorgues, vers 1544. Lors de la restauration de l'église, le 1er décembre 1970, cet ensemble a retrouvé sa place initiale.


Carousel imageCarousel imageCarousel imageCarousel image

Le saviez-vous ?

A Tolonjac : Point de seigneur haut justicier ; nombre de seigneurs temporels (9). Le prieur est celuy qui perçoit le plus de rentes.

Les Monges : Ancien domaine des chartreux de Villefranche, puis en 1695 des ursulines.

Le crucifix

Emblème majeur de l’église, ce crucifix est daté du début du XVIIIème siècle. Il a été placé à la droite de l’abside dans les années 1970, après la suppression du vieil autel en bois.

Carousel imageCarousel imageCarousel image

Vierge du Rosaire

Sculptée dans un tronc de noyer, cette statue remonte au début du XVIIIème siècle. Il s’agit là d’une Vierge de la Confrérie du Rosaire ; parfois au lieu d'une statue, on trouve une peinture représentant d'après la légende la Vierge Marie donnant le rosaire à St-Simon Stock, un carme irlandais ou écossais.

D'ordinaire, lorsqu'elle est seule représentée, le serpent infernal cherche à mordre la Vierge au talon. Ici, il cherche à atteindre l'enfant puisque c'est le grand adversaire.

Le clocher

Celui-ci abrite deux cloches d’airain. Leur poids respectif est estimé à 850kg et 550kg. La cloche majeure date de 1854. Elle a été financée par César de Pomairol, alors maire de Toulonjac et Mme Léoninne de Brassiers. Sa dédicace en latin est une invocation pour protéger de la foudre, de la tempête et des persécutions du diable. La petite cloche date de 1892. Ses mécènes sont M. et Mme Milhac. Sa dédicace invoque le Sacré Cœur de Jésus et St-Eutrope. Aujourd'hui, les cloches sont commandées par un équipement numérique (heures, angélus, volée et glas).

Les dédicaces des cloches

Cloche majeure , à gauche : X JESU NAZARENEI REX JUDAEORUM MISERERE NOBIS X CHRISTUS VINCIT CHRISTUS REGNAT X - X IMPERAT CHRISTUS AB OMNI MALO ET FULGURE ET TEMPESTA ET PERSECUTIONE DIABOLICA X NOSTRA DEFENDAT ET AD VITAM AETERNAM NOS PERDUCAREM X - X PARRAIN MR DE POMAIROL CESAR MAIRE DE TOULONJAC X - X MARRAINE M. DE BRASSIERS SIMON LEONINNE NEE DABLANC DE LAROYSCE X

Cloche mineure, à droite : X COR JESUS SACRADISSIMUM MISERERE NOBIS X SANCTE EUTROPA ORA PRO NOBIS X - X PARRAIN Mr JB MILHAC X MARRAINE Mme PHILOMENE MILHAC NEE LACASSAGNE X - X Mr LAGRANERIE LOUIS PAROCHUS 1892 X

Les vitraux

Vitraux réalisés par les ateliers grenoblois A. Bessac, en 1928. Ils représentent la sainte famille (chapelle St-Joseph) et Saint-Michel Archange, saint patron de l’église et Saint-Eutrope, dédicataire du lieu, en place centrale dans le chœur.

Porte du Tabernacle

En bronze, elle est la réalisation de Fernand Brassac, illustre sculpteur de Villefranche de Rouergue. Ce qui apparaît en premier lieu, c'est le pain et le poisson qui nous font penser au grand miracle de Jésus, lors de la multiplication des pains. De plus, on découvre un arrondi au bas de la porte auquel s'ajoute un semblant de flots, le tout dominé par la croix : l'auteur a voulu ainsi mettre en lumière le monde racheté par le Christ.

Cuve réserve d'huile

Dans la chapelle de la Vierge, on remarque une cuve de pierre dont les rebords portent des traces noirâtres : avant l’ère électrique, les familles se faisaient un devoir de fournir l'huile de noix nécessaire à l'alimentation de la lampe du Sanctuaire. Elles versaient leur offrande d'huile dans ce récipient qui constituait ainsi la réserve.

Chemin de Croix

L'ensemble des 14 stations du Chemin de Croix est l'œuvre d'Hervé Vernhes, sculpteur de Peyrusse-le-Roc. La pierre provient des carrières de Marin. Les stations du chemin de croix sont les étapes du chemin parcouru par Jésus lors de sa montée au Calvaire. Le relief ci-dessous représente la mise au tombeau. Réalisation des années 1970.

Porte murée

En levant les yeux vers la droite, on est étonné de découvrir une pierre en saillie, ainsi que les traces d'une porte murée. Cette pierre est le signe de la présence dans un temps lointain d'une tribune. La porte murée donne accès sur une petite salle sise au-dessus de la chapelle de la Vierge. La balustrade actuelle des tribunes, en terre cuite, a été réalisée en 1885.

Armes de la Valette-Toulonjac

Les armes de la Valette-Toulonjac pourraient se blasonner ainsi : « Ecu de trois pals et à bordure chargée de 15 besants, au franc quartier en chef senestre de gueules au gerfaut d'argent, qui est de Valette, et au franc quartier dextre en pointe, qui est du même ». Antoine de la Valette, qui avait épousé en 1487, Bertrande de la Valette, fille unique de Pierre de la Valette, seigneur des Oliviers et co-seigneur de Ginouillac, fit son testament en 1517 et un codicille en 1518, fonda une chapellenie dans l'église de Toulonjac où il fut enterré. Les deux mariés étalent arrière petits cousins et les deux gerfauts pourraient marquer l'alliance des deux familles.

Armes des Rouget (Chapelle de la Vierge)

Géraud de Rouget, fils de Jean de Rouget, 1er du nom, et de Yolande de Molières, religieux du monastère Saint-Sauveur de Figeac en 1421, était prieur de Toulonjac et de Mayrinhagues. C'est ce prieur qui fit graver les armes de sa maison à la clef de voûte de la chapelle Notre-Dame de l'église de Toulonjac. Les Rouget appartenaient à une famille de la noblesse rouergate de Flagnac et avaient contracté plusieurs alliances matrimoniales avec les Valette-Toulonjac. Les Rouget ont été des chefs de guerre actifs à l’occasion de la guerre de Cent ans et des guerres de religion.