Les fourches patibulaires

On dénombre 16 fourches patibulaires dans la proche région de Villefranche. Pas de potence dans le village de Toulonjac, mais à Marmiesse, à Vialatte et à la Mathébie. Pendant des siècles, la justice a été très sévère.

« Ne sait si le terroir en question est de la juridiction de Villefranche ou de Saint Rémy, mais qu'il est du ressort du bailliage de Villeneuve. Plusieurs fois, comme officier royal de Villeneuve il exerça office au village de Marmiesses et des Calmettes, faisant des saisies et des arrestations. Il fut un jour cité au puech de Bismon avec beaucoup d'autres de Villefranche, de Veuzac, de Saint-Rémy, de Toulonjac et de Villeneuve pour témoigner au sujet des fourches. Ils se présentèrent devant le juge mage, on les questionna pour savoir si ledit terroir était dans juridiction de Villefranche ou de Saint-Rémy. Puis les fourches furent enlevées. »

« Le 31 décembre 1366 à Villefranche, en la salle (aula) du roi ou du prince, David Cradoc, lieutenant du sénéchal Thomas de Wetenhale, confirme l'accord au nom du prince.

« Puis Jean de Monterabesio, baile de Villefranche, au sujet de l'érection des fourches au puech de Bismon, dit qu'il n'avait pas eu mandat spécial de les ériger ; mais qu'il les avait fait planter en vertu d'un mandat général du sénéchal visant les limites de Villefranche dans la terre et juridiction du prince. Le lieutenant du sénéchal ordonne que les fourches du puech de Bismon soient enlevées et commet à ce faire le baile actuel de Villefranche. »

Ce conflit fréquent au sujet de l'emplacement des fourches ressurgit en 1517 à propos de celles de Nant Bertrenx situées sur le promontoire de la falaise qui surplombe le village de Berals. (Vialatte)

En tant que témoins, Jean Beralh vieux, Pierre Johas, consul de Saint-Rémy, accom­pagnés de Geraud Gibergues, Antoine Chambert, Bernard Massip, Geraud Amoros,

Sur les Causses à La Bastide-Capdenac ou à La Rouquette, les fourches signifient comme partout ailleurs dans le Ségala le pouvoir de haute justice des seigneurs locaux et de l'évêque.

La présence des fourches au puy de Catusse pose un problème d'identification, jusqu'à ce qu'un titre de la communauté de Villefranche daté de 1370 lève une partie du voile. Ce titre fait mention de « l'érection de fourches patibulaires au puy de Catusse, près de Villefranche, la juridiction de Villefranche s'étendant jusqu'à une pierre plantée dans ledit puy, près du chemin de Villefranche à Cajarc ».

Ci-contre, extraits du très bel ouvrage de Laurent Barthes : Sur les chemins de nos ancêtres, publié aux Editions Lacour, ISBN : 9782750428426, disponible à la bibliothèque de Toulonjac.


Ces indices ténus permettent toute­fois la localisation de ce lieu aux confins des paroisses de Toulonjac et de Savignac, sans plus de précisions. La découverte provint d'une reconnaissance datée de 1483 où « Pierre Bernussonis, barbier de Villefranche, possède pour le quart par indivis le village de La Catusse, paroisse de Toulonjac ».

Bernussonis ? C'est lui qui a donné son nom au quartier : Bernussou.

Le saviez-vous ?

La population en 1868 :

  • Tolonjac 127 habitants

  • Biron 9 habitants

  • Cantaclar 6 habitants

  • Les Cavaliès 8 habitants

  • Combauria 11 habitants

  • Comba de la Vernha 11 habitants

  • Mas de Costas 31 habitants

  • Lo Cròs 9 habitants

  • Las Crosas 5 habitants

  • Curvelièr 12 habitants

  • Durantèl 9 habitants

  • Marmiessa 49 habitants

  • La Mathébià 40 habitants

  • Milhac 5 habitants

  • Lo Panissal 22 habitants

  • Lo Picarou 7 habitants

  • La Ribièra 45 habitants

  • Lo Rocan 10 habitants

Le saviez-vous ?

La reine Margot, née Marguerite de Valois, 1ère épouse du roi Henri IV, a traversé Toulonjac. En 1585, pour aller de Villeneuve au château de Saint-Projet, elle a emprunté la voie Malavialesc ou Malavialenc qui traverse la commune Toulonjacoise. Elle a fait une halte au château de Bournazel. L'histoire ne dit pas si elle s'est arrêtée à Toulonjac..

Le saviez-vous ?

Selon la légende, Pépin le Bref a également traversé Toulonjac. Il est arrivé en Rouergue, en 755, par la « draye du Haut-Quercy en Aubrac ».

Le saviez-vous ?

En 1844, Toulonjac comptait 1263 habitants.

Le 15 juin 1852, le gouvernement placé sous la présidence de Louis-Napoléon Bonaparte (neveu de Napoléon 1er), président de la République, promulgue une loi qui rétrécit la commune de Toulonjac et érige la partie ainsi amputée en commune de Savignac.

En échange, Villefranche de Rouergue perd les enclaves de Marmiesse et de La Mathébie qui sont rattachées à la commune de Toulonjac.

Les sénéchaux de Rouergue.

En 1271, quand le roi Philippe le Hardi a recueilli la succession de son oncle Alphonse de Poitiers, il existait quatre sénéchaussées dans ces états, Toulouse, Agenais, Rouergue, comtat Venaissin.

Plusieurs des articles de la charte accordant des privilèges à Najac, en décembre 1368, attestent que Najac fut pendant un temps plus ou moins long le siège de la sénéchaussée. Villefranche, quoique de fondation récente et malgré sa situation à l'extrémité de la province, l'emporta sur Rodez et Najac, comme récompense de son active participation à l'expulsion des Anglais. Déboutées, Najac et Rodez firent sans succès, à des dates différentes, des démarches multipliées dans le but de recouvrer cette faveur.

Rôle du sénéchal

Les sénéchaux ont des fonctions étendues : justice, guerre, police et finances. Ils devaient prêter serment d'être loyaux et fidèles dans leur office, de rendre une justice exacte à chacun.

THOMAS WETTENHALL, chevalier, nommé sénéchal du Rouergue par le prince de Galles

So far, the Duke of Anjou's officers had been able to take over much of the region without invading either province in force. They operated by a combination of blandishments and threats, supported by small packets of men sent from the Toulousain to occupy crucial towns and castles as they submitted. In Rouergue the defence was in the hands of the Prince of Wales's seneschal, the Cheshire knight Sir Thomas Wettenhall. By March 1369 Wettenhall had lost control of most of his province and was attempting to hold out with a small English garrison in the citadel of Villefranche. The inhabitants of the town below were already in touch with the Duke of Anjou. They had no interest in a government that was incapable of defending them. They told Wettenhall that they would surrender unless help came quickly. The place was in French hands by May.

Les sénéchaux de Rouergue

  • Guillaume de Bénac, sénéchal en 1216 pour Amaury de Montfort.

  • Bérenger Centulli, établi en 1226 par le comte de Toulouse Raymond VII.

  • Géraud de Malamort, sénéchal pour le roi Saint-Antonin en 1226 et 1249, 11 fut sénéchal du Quercy en 1256.

  • Bertrand Roques, sénéchal pour le comte de Toulouse en 1245.

  • Jean des Arcis, chevalier, sénéchal pour Alfonse comte de Toulouse en 1251 et 1253.

  • Pierre de Landreville, sénéchal pour Alfonse en 1256. Il l'était en même temps de l'Albigeois.

  • Philippe de Boissy ou Boissière, che­valier, créé par Alfonse, comte de Toulouse et de Poitiers, en 1263, et confirmé ensuite par le roi, encore en place en 1266.

  • Gauffridi Bassi, chevalier, sénéchal en 1276 et en septembre 1278. Bonet-Louzet, juge-mage.

  • Guillaume de Vienne et de Macon (Matiscone), professeur ès lois, chevalier, sénéchal en 1278 et au mois d'août 1281.

  • Pierre Bouche, chevalier, sénéchal en 1281, et au mois de novembre 1286.

  • Aubert de Nangeville, chevalier, sénéchal en juin 1287 et en novembre 1294.

  • Gui Caprarii ou de Cabrières, chevalier du roi, sénéchal en mai 1296.

  • Guillaume de Combirouse (de Combrosio), chevalier, sénéchal en décembre 1296 et en février 1299.

  • Jean de Cocyac, chevalier, seigneur de Beaumont, sénéchal en août1299 et en juillet 1302.

  • Guibert de Peyrefort, sénéchal en1302.

  • Pierre d'Alhi (de Alhiaco), chevalier, sénéchal en juillet 1305.

  • Pierre de Ferrières, chevalier, sénéchal en juillet 1306 et fin décembre 1319.

  • Gui de Cabrières (Guido Caprarii), chevalier du roi, sénéchal en 1320 et 1321.

  • Dalmas de Marziac, chevalier, sénéchal en janvier 1322 et en mai 1325.

  • Régnaud de Jarmole, chevalier du roi, sénéchal en juin 1327 et en septembre 1333.

  • Pierre de Ferrières, chevalier, sénéchal en juillet 1334 et en août 1338.

  • Guillaume Rolland, chevalier, seigneur de Valon et de Villecomtal, sénéchal en 1339 et en septembre 1344.

  • Gui de Mortemar, chevalier, sénéchal en septembre 1345 et en septembre 1316.

  • Foulques de Moras, chevalier, seigneur de Grésiac, sénéchal en 1347 et en juin 1354.

  • Guillaume de Moriers, chevalier, seigneur de Saint-Pierre, sénéchal en avril 1355 et en février 1356.

  • R. de la Roque, sénéchal en décembre 1357.

  • Bertrand de Terride, seigneur de Penneville et de Borret, diocèse de Toulouse, sénéchal en avril 1358 et en octobre 1361.

  • Amanieu du Fossat, nommé par le prince de Galles, était en fonctions dès le 31 décembre 1362.

  • Thomas Wettenhall, chevalier, nommé par le prince de Galles, était en charge dès le 4 décembre 1364, comme on le voit par les lettres de ce sénéchal, données à Saint-Antonin sous cette date. Il fut tué et ses troupes complètement défaites "e las plassas de Monlhaur", sur la fin de septembre 1369

  • Arnaud de Landorre, chevalier, seigneur de Salmiech, vicomte de Cadars, fut nommé par Charles V vers le milieu d'avril 1369.

  • Gui de Lasteyrie, chevalier, seigneur de Salenx, nommé par le duc d'Anjou, était en charge en novembre 1376.

  • Arnaud de Landorre redevint sénéchal peu de jours avant le 12 juin 1380. Il exerçait encore le 2 juillet 1386.

  • Garin d'Apcher, chevalier, en charge le 1er octobre 1389.

  • Pierre, seigneur de Fontenay, chevalier et chambellan du roi, sénéchal le 3 février 1390 et aussi le 8 août 1394.

  • Jean de Folhala, sénéchal en 1395.

  • Jean de Bonnevant, chevalier, seigneur dudit lieu et de la Condamine, le 24 février 1397.

  • Gui d'Autry, seigneur de La Lande, chevalier et chambellan du roi, sénéchal le 15 mars 1411.

  • Anne de Noailles, capitaine de 50 hommes d'armes, baron de Noailles, comte d'Agen.

  • François de Buisson, marquis de Bournazel, capitaine de cent hommes d'armes, sénéchal le 8 mai 1657.

  • Jean de Buisson, marquis de Bournazel, avait obtenu des lettres de survivance, en date du 15 juillet 1677.

  • Jean-Marc de Dufaure, chevalier, comte de Boissières, en Quercy, sénéchal en 1711 et 1720.

  • Louis-Victor de Dufaure, chevalier, seigneur de Montjaux, acheta, en 1720, avec l'agrément du roi, la charge de sénéchal.

  • Jean-Baptiste de Marin, comte de Moncan, lieutenant-général et grand croix de l'Ordre de Saint-Louis, fut nommé sénéchal et gouverneur du Rouergue le 1er mars 1767.

  • Le prince de Saint-Mauris-Montbarey, sénéchal en 1788. Charles-Joseph Dubruel, juge-mage, était encore en fonction le 18 juin 1790.

Les guerres de religion dans la région

Entre Saint-Antonin et Najac, toujours sur l'Aveyron, on trouve, la petite ville de Varens, connue par ses vins, comme Najac l'est par ses jambons, et Saint-Antonin par ses prunes. L'église de Varens était autrefois un monastère de Bénédictins, qui fut fondé dans le neuvième siècle, sous la dépendance de celui d'Aurillac et fut sécularisé en 1561, par le pape Pie V, et érigé en chapitre collégial, composé d'un doyen, de huit chanoines, et de deux prébendiers.

En 1582, les religionnaires se rendirent maîtres de Varens, et y commirent toutes sortes d'excès. Le sénéchal de Rouergue, Bournazel, assisté du marquis de Canillac et du comte de Rastignac, alla les y assiéger, et ayant repris la ville, à coups de canon, il en fit pendre, tuer ou noyer cent trente-sept. Peu de temps après il leur enleva aussi le château et ville de Najac, dont les habitants se soumirent volontairement, et contribuèrent avec lui à donner la chasse à leurs nouveaux hôtes, qu'ils n'aimaient pas.

Mais ces sectaires n'étaient pas plutôt chassés d'un bourg, qu'ils s'emparaient d'un autre. En 1588, ils s'établirent à Maleville, sous les ordres du capitaine Murat-de-Capdenac. Les habitants de Villefranche résolurent aussitôt de les en expulser ; ils y firent transporter leurs canons et d'autres pièces d'artillerie ; mais ne se voyant pas secondés par ceux de Rodez et des autres villes, qu'ils avoient invités à concourir à cette expédition, ils crurent qu'il était plus prudent d'employer des voies de négociation ; ils comptèrent au capitaine Murat, quatre mille écus, et il leur abandonna la place. Dès qu'ils en curent repris possession, ils allèrent mettre le siège devant le château de Sanvensa, qu'ils emportèrent de force. La même année, ils enlevèrent aussi aux religionnaires, le château de la Ramière, où ils massacrèrent tous ceux qui s'y trouvèrent, au nombre de quatre-vingts.

Ces atroces représailles ne déconcertaient pas les religionnaires : ils cherchaient toujours à s'introduire dans les différentes villes et bourgs du voisinage. Le sénéchal Bournazel les poursuivait partout : en 1590, il les assiégea dans Rieupeyroux, d'où, après plusieurs vives canonnades, il fut forcé de lever le siège; ce qui les encouragea beaucoup. Leurs espérances redoublèrent surtout, lorsqu'ils apprirent la mort de ce puissant et redoutable ennemi, au mois de septembre de cette année. Dès lors ils entreprirent de se rendre maîtres de Rignac, sous les ordres du Seigneur de Sanvensa ; mais ils furent repoussés par le capitaine Durieu.

C'était tous les jours des massacres, des trahisons et des horreurs pareilles : peu de temps auparavant, les sieurs de Toulonjac et Durand Pomairol, conseillers au sénéchal de Villefranche avaient été massacrés dans le château de Castan, par Trélans, capitaine des ligueurs. Leurs corps avaient été portés près de Rodez, au-dessus du château de Bourran, et attachés à un arbre avec un licou de cheval.

Los camins

« Nous lisons dans les délibérations consulaires de la communauté de Villefranche : “L’an 1753, et le vingt cinquième jour du mois d”octobre... “Dans l’Hôtel de ville, par devant M. François Audurand, maire électif de la ville et communauté du dit Villefranche... Par M. Andurand a été proposé ce qui suit : il n’est personne de cette ville qui ne connaisse la situation du valon de Notre-Dame qui est dans son avanlieue et forme une prairie considérable.

M. le président de Pomairol y possède une portion traversée par un chemin public toujours plein d’eau noire et bourbeuse qui sert à la communication d’un cotté du vignoble à l’autre et pour voiturer plus commodément la vendange. Il sert encore aux processions annuelles établies par des vœux de la communauté à la chapelle Notre-Dame de Treize-Pierres. Les communautés des paroisses de Toulonjac, Cénac, Sainte-Croix et autres y viennent aussi en dévotion et se servent de ce chemin pour moudre aux moulins des faubourgs de Savignac, Guiraudet et Teulel ; celles de Veuzac, Saint-Rémy, Villeneuve et autres n’ont d’autre chemin pour venir à Notre-Dame et en profitent pour joindre la grande route de Montauban, lorsqu'elles veulent éviter le circuit qu’il y a à faire en passant par Villefranche.

Ce chemin est coupé à chaque extrémité par un ruisseau qui borde le valon, l’un venant du village des Imberts, et l’autre de celui de Toulonjac. A la première pluie abondante qui tombe ou au premier orage, ces ruisseaux débordent, couvrent le vallon et sablent tous les prés, ainsi qu'on l'a éprouvé trois fois consécutives le printemps dernier. Pour obvier à ces inconvénients, très préjudiciables au particulier et au public, M. le Président de Pomairol, plus haut tenancier, creuse un canal dans son fonds, qui, par sa direction, largeur et profondeur, évitera la sortie de ces ruisseaux ; les propriétaires inférieurs vont l’imiter, et ce canal traverse le chemin public dont il est parlé ci-dessus, et le rendra très praticable. Il y faut un pont ; les deux qui sont sur les deux ruisseaux qui furent faits jadis, aux frais de la communauté, ont besoin de réparations, lesquelles, avec la construction du dit pont, ne coûteront que la somme de 400 livres, suivant le rapport d’un homme entendu, qui en a pris connaissance...” » (Extr. de Almanach paroissial de Toulonjac, 1914)

En passant par la Gineste ou la route vieille de Toulonjac...

Los paures de 1812

En 1812, l’empereur décréta l’octroi de soupe aux plus pauvres pour faire face à la crise, l’année 1811 ayant été une année de disette.

« [Dans un arrêté pris le 20 avril par le préfet] Il était spécifié (...) qu’au cas où les habitants indigents des communes de Martiel et de Vailhourles ne pourraient participer aux distributions de soupes, à cause de leur éloignement, ils recevraient en compensation des légumes ou produits assimilés : riz, châtaignes et maïs. Un état des indigents devait être dressé par les mairies des agglomérations participantes et un compte rendu mensuel envoyé par le comité au sous-préfet. (...)

La distribution des soupes ne put commencer que le 24 mai, deux mois jour pour jour après la publication du décret les instituant. Sur les 665 à répartir entre les indigents du canton, dont la liste avait été dressée par les soins de chaque commune intéressée, 408 avaient été attribuées à Villefranche, 76 à Martiel, 74 à Vailhourles, 54 à la Rouquette et 53 à Toulonjac. » (Extr. de Chroniques villefranchoises, par André Ancourt, t. 1, 1944)