Le Gerfaut ?

Quel curieux nom pour une association.. Pourquoi ce nom ? Cette association a pour ambition de restaurer et de valoriser le patrimoine Toulonjacois. Et l'église St-Michel est l'élément majeur de cet héritage patrimonial. Bref.. Nous avons envie, nous avons le devoir de conserver les belles réalisations de nos ancêtres.

Indépendamment de toute référence religieuse, l’église Saint-Michel de Toulonjac, bien communal depuis la loi de 1905, appartient à notre patrimoine. Et, quand on la visite, on découvre les armoiries, plus exactement, les armes de la famille de la Valette-Toulonjac. Celle-ci a été un acteur majeur de l’agrandissement et de la décoration de cet édifice. Et sur ces armes, on découvre, sept besants qui sont des pièces de monnaie et deux gerfauts, des faucons en vieux français.

Il était logique qu’une association impliquée dans le patrimoine local puise son emblème dans un symbole hérité du passé.

Patrimonial ? Le mot patrimoine vient du latin patrimonium qui signifie littéralement « l'héritage du père ». A l'origine, il désigne l'héritage que l'on tient de son père et que l'on transmet à ses enfants.

Ammonites ou les cornes d'Ammon

Si vous découvrez une ammonite à Toulonjac, en jardinant près de votre maison, c'est signe qu'il y a quelques millions d'années une mer recouvrait l'endroit où vous vous trouvez. Les ammonites sont parmi les fossiles les plus courants et sont souvent utilisées comme image symbolique de la paléontologie.

Leur coquille spiralée, très caractéristique, est une rencontre fréquente dans les gisements français, pour le plus grand plaisir des amateurs qui connaissent bien ce groupe. En revanche, nombre de néophytes qui observent pour la première fois une ammonite pensent avoir affaire à des escargots fossilisés. Il n'en est rien, les ammonites sont des céphalopodes comme le poulpe ou la seiche, mais aussi le nautile auquel elles ressemblent d'ailleurs beaucoup. Alors que la plupart des céphalopodes actuels ont une coquille interne plus ou moins réduite, voire disparue, les céphalopodes fossiles présentent majoritairement des coquilles externes, tout comme le nautile, espèce bien vivante mais à l'anatomie primitive.

Cette ammonite de 18 cm de diamètre a été découverte au Mas de Costes, à Toulonjac.

« Vers 300 000 ans avant notre ère, au Paléolithique inférieur, des groupes de chasseurs-cueilleurs ont établi des campements dans l’actuel canton de Villefranche dont nous retrouvons aujourd’hui la trace à l’ouest (Martiel, Mémer, Savignac, Toulonjac), grâce à la présence d’outils en silex dont les plus nombreux appartiennent aux industries du Moustérien de tradition acheuléenne et de l’Aurignacien (environ - 100 000 à - 20 000 ans).

A partir de cette époque (environ - 20 000 ans) et jusqu'au Néolithique (environ - 8000 ans), les conditions climatiques (période glaciaire) obligèrent Cro-Magnon à se réfugier dans les grottes et abris des vallées de l’Aveyron, du Lot et du Célé.

Des ossements humains préhistoriques furent découverts dans la grotte de Jacmes au début du XXe siècle et plus récemment un vase artenacien... » (Laurent Barthe)

De las pèiras al métal

La continuité du peuplement n’est attestée que depuis environ 5 000 ans lorsque des peuples, dits « pré-indo-européens », firent souche en Roergue. Ils s’y sont installés à l’époque des haches de pierre polie que nos anciens appelaient pèiras del trône : le Néolithique.

Grottes de Foissac

En Aveyron, une statuette du paléolithique

Durant les travaux d’hivernage du site préhistorique, le gestionnaire de la grotte de Foissac, en Aveyron a trouvé une statuette gravée il y a sans doute 20 000 ans dans un os de grand bovidé.

Comme chaque année, la grotte de Foissac était fermée au public d’octobre à juin. Pendant cette période, la rivière en crue lessive en effet le sol, dépose de l’argile et il n’est pas rare qu’elle fasse remonter des vestiges et des os enfouis dans les cavités, découverts quand revient l’été.

Les eaux de la grotte ont cette fois-ci fait remonter à la surface une statuette gravée avec un silex dans un os de bison ou d’auroch. Elle mesure une dizaine de centimètres : l’articulation fait la tête, et l’os, le corps. Les nombreuses incisions forment les traits du visage, les cheveux, des traits qu’on pourrait assimiler à des tatouages ou scarifications sur les joues, et ses bras semblent porter un enfant ou un animal.

La statuette remonte à priori au paléolithique supérieur, entre 15 000 et 20 000 ans. Plusieurs éléments permettent de le penser. À commencer par la taille de la phalange: beaucoup trop grande pour appartenir à un bœuf ou un taureau du néolithique, elle ressemble plus à celle d’un bison ou d’un auroch, deux espèces qui étaient présentes dans cette partie de l’Europe il y a 5000 ans. Un autre indice : le type de gravure, qui s’apparente à l’art paléolithique. Enfin, une datation au carbone 14 a permis de déterminer que la salle où la statuette a été découverte avait 20 000 ans.

Le Rouergue, Ruthenus et le bouc

Le Rouergue est une petite province de France qui dépendait autrefois de la première Aquitaine et qui dépend aujourd'hui du gouvernement de Guienne, du ressort de Languedoc et de la généralité de Montauban ; elle a eu des comtes particuliers, mais à présent ce comté est incorporé à la couronne.

Le mot de Rouergue vient de Ruthenus Ager en latin, et Ruthenus vient du nom de Ruth, Dieu des païens anciens de ce païs de Rouërgue, que ses habitans y adoroient autrefois sous la figure d'un bouc, qui représentoit Jupiter, lequel avoit été allaicté par une chèvre dans son enfance, ainsi qu'on en void encore la représentation en bas relief gravé sur une pierre en la ville de Rodez, capitale de cette province, proche l'église de St-Amans avec cette inscription : Ruth.

monnaies ruthénoises représentant un bouc.

Un peu d'Histoire

Toulonjac a pour origine Tolomnius, nom d'origine latine. Il s'agit du nom du propriétaire d'une ancienne villa gallo-romaine. Dans ce cas, villa signifie domaine. Tolomnius suivi de acum qui se traduit par : propriété de Tolomnius. Le nom de nombreux villages de la région finissent en "ac" : Savignac, Cénac, Tizac, Rignac, Capdenac, Salvagnac, etc.

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En Rouergue, quatre dépôts monétaires gaulois ont été signalés : Goutrens, Malleville, Martiel, Villefranche-de-Rouergue. Collection Fenaille Rodez

Dans notre région vivaient les Rutènes, du latin Ruteni, peuple de la Gaule celtique. Leur territoire s'étendait sensiblement sur les actuels départements du Tarn et de l'Aveyron, délimité par le plateau de l'Aubrac au nord et les confins de la Montagne Noire au sud.

Les Rutènes exploitèrent un des plus importants centre de production de céramique sigillée, le site de la La Graufesenque (Condatomagus), près de Millau.

Armes du Rouergue : Le Rouergue comprenait notamment le comté de Rodez, ainsi que la Haute Marche (Millau) et Basse Marche (Villefranche-de-Rouergue).

Et comme tout le grand sud-ouest, au début du Vème siècle après J-C, la région a été envahie par les Wisigoths, avec l'accord des Romains puis de leur propre autorité. Pendant plus de trois siècles, ils ont durablement imprégné la grande Aquitaine de leur civilisation. Dans le Rouergue, on rencontre des personnes dont le nom de famille se terminent par enc ou ic : ils sont les lointains descendants des Wisigoths.

Sous le règne des Carolingiens, à partir du IXème siècle, le christianisme a commencé à s'imposer comme religion officielle. Le Rouergue est érigé en Comté.

L'arrivée des Capétiens provoqua l'abandon de la vieille sénéchaussée de Najac, fidèle à la dynastie des Comtes de Toulouse, au profit d'une ville nouvelle, Villefranche de Rouergue qui devint le siège de cette province. La capitale du Rouergue fut transférée à Rodez, ville plus centrale, après la Révolution.

Au Moyen-âge, la vie économique et sociale est organisée autour des nombreux monastères et ordres religieux locaux. Et c'est dans ce cadre qu'est construit le Prieuré de Toulonjac, lieu de vie de plusieurs religieux, subordonnés à une très riche abbaye de Moissac (Tarn et Garonne). Sous l'ancien régime, les paysans payaient la dîme (impôt versé aux religieux). Le taux était élevé dans le sud-ouest de la France, jusqu'au huitième de la récolte. En règle générale, 1/4 de la dîme revenait à l’évêché et les 3/4 restants à la paroisse.

Dans un document publié par le pape Boniface VIII (1235-1303), Toulonjac est évoqué : Tholongiaco, Diœcesi Ruthenensi.

Un autre document du pape Jean XXII, cite Toulonjac en 1320.

Bibliographie. La bibliothèque de Toulonjac propose plusieurs de ces ouvrages